27 MAI 2014 – 14:18
Au soir des élections européennes, le porte-parole du
gouvernement de gauche dit « - C’est une alerte ». Ce n’est pas
une alerte, il y a le feu !
Ce n’est pas un langage mondain qu’il faut tenir. Il ne faut
pas diminuer l’impact de l’évènement il faut en prendre la mesure.
Inutile de se rassurer en constatant qu’il y a 60 %
d’abstentions, et que le FN n’obtient que 10 % des inscrits : le parti
néo-fascisant est affiché en tête !
Quelle image cela donne au pays ? Comment pareille
catastrophe est elle arrivée ? Sous la gauche !
Le FN fait presque le double du PS en voix exprimées. Le
total droite fait 45 %. Et la gauche toute confondue, fait 33 % seulement,
tellement la politique du PS entraine toute la gauche vers le fond.Aucune
partie de la gauche ne peut gagner contre l’autre, sans l’autre.
En fait le pays et son salariat majoritaire sont toujours à
gauche, mais plus de 25 % des voix manquent à l’appel, c’est la gauche déçue et
en colère, qui s’est abstenue –faisant mécaniquement monter la droite, en
pourcentage.
Le Premier ministre clame que c’est la deuxième fois en
huit semaines, après les municipales, que ce type de vote se produit. Et il
ajoute « il n’y a pas une minute à perdre »… pour continuer, accélérer
et amplifier la politique… que les électeurs rejettent. Sourd et aveugle.
Mais justement en huit semaines seulement, il a perdu crédit pour le faire.
Le Président dit la même chose « On ne doit pas
changer de ligne selon les circonstances… ».Mais comment pareille
affirmation est-elle possible ? Bien sur que l’action politique c’est
« changer de ligne selon les circonstances » et selon les exigences
populaires. Un Président qui n’écoute pas ses électeurs, les défie, méprise,
piétine la démocratie, conduit le pays à une crise majeure.
Ce n’est pas l’adhésion des électeurs à l’obscur et
menaçant programme de Le Pen qui explique ça, mais c’est le sentiment puissant,
massif, de dégoût, de colère, ressenti par des millions et millions de nos
concitoyens vis à vis de la trahison du choix qu’ils ont fait en mai juin 2012.
Chacun en ouvrant son poste de radio ou de télévision,
voit que la France est immensément riche, et ressent avec amertume les
appels à se serrer la ceinture, à une austérité qui engendre la récession, le
chômage, la misère, et d’intolérables inégalités. On a 5 millions de chômeurs,
10 millions de pauvres, et on choisit de donner 35 milliards aux patrons, à la
finance, alors que 1 % possède 25 % des richesses, 10 % en possèdent 60 %. De
ce point de vue l’Europe n’empêche rien et n’impose rien : si on veut, on
peut, et donc on doit redistribuer les richesses, maintenant, vite.
On nous demande ce qu’il faut faire en urgence :
augmenter le Smic et les salaires, faire une réforme fiscale avec un impôt direct
progressif et une reprise exceptionnelle, immédiate et forte sur les
dividendes, sur les fortunes abusives, sur la rente. Pas de revenu supérieur à
20 fois le Smic. Contre le chômage de masse, il faut baisser la durée du
travail, sur la semaine, sur l’année, sur la vie, et reconstruire un droit du
travail digne de ce nom, contre la précarité.
Tournons le dos au dogmatisme, aux 3 %, pire, aux 0,5 %
imposés par des gourous technocratiques et irresponsables, ce n’est pas
l’austérité mais la redistribution des richesses, qui nous sortira de la
crise et qui assurera des rentrées fiscales et des équilibres
budgétaires.
Pour cela il faut restaurer la démocratie
parlementaire, écouter le peuple et non pas le mépriser, il existe une
majorité rouge rose verte à l’Assemblée nationale, c’est elle qui doit
gouverner – pas un homme seul. La gauche EELV, PS, FDG, toute la
gauche, doit se rencontrer, débattre, s’unir sur un programme d’action
commun et immédiat : il peut être mis en œuvre aussitôt car le pouvoir est
actuellement entre ses mains. L’espoir est là pour peu qu’il s’appuie et se
nourrisse aussi de grandes luttes sociales.
C’est la seule façon d’empêcher la déroute qui s’annonce
impitoyablement – comme le 30 mars et le 25 mai. C’est une question de
survie pour toute la gauche. Sinon elle perdra le Sénat, toutes les régions, et
il restera un groupe de 50 députés, le président sera balayé. Droite et extrême
droite reviendront et ravageront le pays encore plus pour le seul compte de
l‘oligarchie.
C’est aussi la seule façon d’empêcher des reculs de
civilisation, des services publics, de la santé, de la citoyenneté, de la
solidarité. Cap à gauche ou cap suicide, cap UMP FN…
SOURCE : Blog de
G Filoche (membre du Bureau du PS)